Novembre 2016 – PARIS PHOTO OFF – Galerie POP UP STREET, Paris (75018)
Memento – Paradis Perdu – Exposition avec le collectif SéLéNé
Paradis perdu – Le paradis perdu est aujourd’hui presque une image d’Épinal. Anges déchus tombés sur terre, condamnés à lever les yeux au ciel sans jamais pouvoir l’atteindre. L’impossible retour en arrière, l’enfance, la désertion et la disparition. Tous ces mots, toutes ces images, parfois lourds de sens mais auxquels chacun peut s’identifier. Nous avons tous un paradis perdu. Au-delà des mythes, il y a donc une réalité toujours individuelle, un désir, un fantasme, une nostalgie. Peut-on dire alors ce qu’est le paradis perdu ? Sans doute non. Entre réalité et fantasme, il y autant de paradis perdus que de visions qui se posent sur le monde.
Huit photographes, membres du collectif SéLéNé, partagent avec nous cette vision. Les espèces éteintes, questionnement d’un temps révolu, le passé se mêlant au présent pour interroger le futur ; un village déserté par le bruit sourd du progrès ; le silence de la nature chargé des souvenirs d’une enfance légère ou encore le paradoxe du vintage. Le paradis perdu c’est aussi des danseuses qui défilent, transparentes, aux côtés de corps nus quasi désincarnés ou dissous dans les nébuleuses, le tout sous le regard d’un enfant ailé perdu dans un fond noir. Autant d’images et de symboles qui se rencontrent et nous ouvrent un univers à la fois doux et nostalgique, monochrome et fluorescent. Des univers où tout un chacun peut s’arrêter et s’oublier un instant dans le flou de ses souvenirs, dans la fragilité de ses désirs.
Des images et un groupe. C’est autant les unes que l’autre, que mettent en valeur les rendez-vous photographiques du collectif SéLéNé. Après deux années de proximité artistique et une exposition sur le thème « Paradis perdu », les photographes qui se sont rencontrés à l’école EFET, s’affilient à la déesse Séléné. Ils créent un collectif destiné au dialogue, la connivence des sensibilités et l’affrontement des formes.
La photographie est une pratique diablement solitaire. Si l’on pouvait ne pas s’en extraire ! Mais elle ne peut pas s’affirmer sans l’échange, sans l’ouverture à la critique. Grâce au collectif, chacun profite du regard extérieur sans en subir forcément les blessures. Dans une perspective essentiellement créative, avec bienveillance, le collectif SéLéNé se veut passeur ou peut-être réparateur… Une manière de rendre la solitude du photographe transitoire.
Ami.es photographes : Bruno Delamain, Marianne Boyer, Rodrigo Buas, João Dias, Spyros Lacombe, Antonin Laroche, Lou Skornicki
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